Le Chiffre du Jour
40 ans : lors du débat d’entre deux tours, le candidat sortant a déclaré que les centrales nucléaires en Suisse avaient « 60 ans » et que le problème n’était « pas l’âge ». En réalité, aucune centrale en Suisse n’a plus de 40 ans.
Surtout, la Suisse vient de décider de sortir du nucléaire. L’exemple est donc plutôt mal choisi. François Hollande fermera u ne seule centrale, Fessenheim. C’est la plus veille de France construite il y a 40 ans (et mise en service il y a 35 ans) et elle se trouve sur une zone sismique.
Il a osé dire
« Nous avons le taux d’encadrement le plus élevé de l’OCDE »
Nicolas Sarkozy, le 2 mai lors du débat d’entre deux tours. En réalité, une note du centre d’analyse stratégique, organisme rattaché à Matignon, rappelle que « la France présente le taux d’encadrement le plus faible de l’OCDE, tous niveaux et tous établissements confondus (publics et privés) avec seulement 6,1 enseignants pour 100 élèves-étudiants, contrairement à des pays comme la Suède ou le Portugal où le taux d’encadrement dépasse neuf enseignants. L’éducation est au coeur du projet de François Hollande.
Le Changement c’est Maintenant
« Moi Président de la République, je serai un Président qui, d’abord, respecte les Français, qui les considèrent. Un Président qui ne veut pas être Président de tout, chef de tout et, en définitive, responsable de rien ».
François Hollande, lors du débat d’entre deux tours le 2 mai.
Gérard Longuet : la compromission permanente
Communiqué de Presse de Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande
Dans une interview au journal Le Figaro, relevant d’un service commandé qui n’échappera à personne bien loin de l’authenticité chère à Nicolas Sarkozy, Gérard Longuet a tenté piteusement d’apporter des justifications à ses propos injustifiables tenus dans le journal Minute.
Dans cette interview, le toujours Ministre de la Défense s’est encore davantage compromis en évoquant « l’intolérance et le procès en sorcellerie » des socialistes, comme pour relativiser ses déclarations pourtant inadmissibles pour un haut dignitaire d’un parti se revendiquant de la République et de la capacité à gouverner en France.
En outre Gérard Longuet a déclaré qu’il n’avait jamais « parlé de négociations » avec le Front National ce qui est proprement faux, car lorsque l’on dit qu’un parti n’est pas « disqualifié », c’est qu’on le conçoit déjà comme un potentiel partenaire crédible de négociations.
C’est oublier également la teneur du propos de ce Ministre de la République dans un journal d’extrême droite. D’un côté, une opération séduction à destination des électeurs de Marine Le Pen, qui sait « résister au plaisir des provocations » et ne pas invoquer les « Durafour crématoires » et autres « détails » de l’Histoire. De l’autre, la diabolisation absolue de la gauche, responsable même « du pacte germano-soviétique et de la Seconde Guerre Mondiale ».
La réalité, c’est qu’au lendemain du débat largement remporté par François Hollande, le camp de Nicolas Sarkozy panique, perd pied et se disqualifie par des déclarations en forme de compromissions permanentes. Nous regrettons tous que Gérard Longuet ait posé les bases d’un accord entre l’UMP et le Front National, en vue d’attirer les électeurs de l’extrême droite pour le second tour et de donner de funestes perspectives pour les législatives, mais la seule réponse qui conviendrait de la part de Nicolas Sarkozy n’est pas une interview dans Le Figaro, dont il ne restera rien, mais bien l’annonce d’un retrait du gouvernement et une suspension de l’UMP.
Sur l’immigration, Nicolas Sarkozy a eu le mensonge comme argument
Communiqué de presse de Mireille Le Corre, Responsable du pôle immigration-intégration dans l’équipe de campagne de François Hollande.
Lors du débat télévisé, le candidat sortant a formulé un double mensonge en matière d’immigration, sur le sujet de la rétention.
Il a d’abord présenté la réforme concernant le juge judiciaire et le juge administratif comme un moyen de diminuer l’immigration légale. Quel rapport quand on sait que la question du juge porte sur la rétention des personnes en situation irrégulière avant leur éloignement, et ne concerne en rien l’arrivée des personnes sur le territoire !
Il a ensuite menti en prétendant que la lettre en réponse à France terre d’asile prévoyait la fermeture des centres de rétention. Pur mensonge !
Cette lettre rappelle le principe posé par la directive européenne dite « retour » de 2008, articles 8.4 et 15. 1, qui prévoit que la rétention doit être utilisée en dernier ressort. Conformément au droit européen, la lettre précise bien que les alternatives doivent être privilégiées et que lorsque le placement s’avère nécessaire, il convient de veiller aux conditions de vie dans les centres.
Par ailleurs, François Hollande a pris l’engagement d’interdire la rétention pour les enfants, avec pour alternative l’assignation à résidence. Faut-il rappeler que la France a été condamnée en janvier dernier par la Cour européenne des droits de l’homme ?